Knock : critique qui te gratouille la croûte

On les reconnaît à leur affiche gorgée de soleil, au sourire ravageur de leur acteur principal, aux citations laudatrices de grands médias généralistes qui les accompagne, et à leur programme en forme ’ode à la tolérance bien de chez nous. Ce sont les Omar Sy movies, forcément soignés, bien propres sur eux, au discours aussi sympathique que déroulé en mode automatique. Jamais détestables, mais aussi indispensables qu’un 3ème téton sur le front de Gilbert Montagné, Knock est leur dernier avatar en date et respecte ce schéma à la lettre.

SY SY IMPERATOR

Et le film peut n’être que ce catalogue de bonnes attentions attendues, passablement convenues, mises en scènes superficiellement, un bain chaud qu’on ne saurait déconseiller trop franchement à qui ne cherche rien de plus qu’un récit carré, parfait dans le rôle du divertissement de famille sans colorants trop cancérigènes.

Sauf que Lorraine Lévy ne bouqin pas en ce lieu une fable anodine, un conte générique, mais une adaptation dévoyée ’un traditionnel aussi malin qu’un peu vite tombé dans l’oubli. Souvent réduit à une réplique emblématique (« ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? »), Knock est une pièce de théâtre maligne et acide de Jules Romains, une historiette (a)morale sur le suivisme, le conformisme inhérent à tout corps social et la tendance à manipuler ce dernier.

 

Photo Omar SyUn prequel pour l’Intouchables ?

 

DISPENSABLE PRESCRIPTION

L’intrigue choisit ’évacuer cette dimension fondamentale, et n’adapte jamais l’œuvre originale, préférant lui substituer la composition culinaire dorénavant éculée du Omar Sy movie. Sauf que même le comédien apparaît mal à l’aise au cœur du dispositif, en demi-teinte, comme s’il ne croyait jamais assurément à cette soupe au vivre ensemble.

Et sans le formidable moteur Sy, c’est toute la mécanique de l’ensemble, déjà fragile, qui se grippe. Le simulacre de transposition littéraire n’en apparaît que plus factice, l’émotion forcée, et la narration artificielle. Seules restent Audrey Dana et Ana Girardot, qu’on rêve souvent de retrouver ailleurs que cette hâblerie censée s’intercaler entre deux spots publicitaires. Bref, tout ce petit univers s’avère s’être aventuré en ce lieu sans y repérer à deux fois à la posologie.

 

Affiche

 

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