Le film le plus sombre de DC et le premier candidat sérieux aux Oscars

Le réalisateur Todd Phillips réorganise la tradition de Batman avec une descente troublante et d'une violence choquante dans la folie. Joker est un chef d'oeuvre sombre; un parcours sombre avec une performance envoûtante. Il est irréaliste d’écrire que Joaquin Phoenix a sans doute dépassé Heath Ledger en tant qu’interprétation définitive de Joker. Les Fandom vont cirer poétique en comparant les deux. Le film va certainement déclencher une tempête de controverse. Maladie mentale, contrôle des armes à feu, apathie de la société, gouffre entre riches et pauvres; Joker prend un plongeon fataliste dans les interrogations grisantes. Il n’ya jamais eu d’adaptation de bande dessinée à distance aussi troublante. Plusieurs seront consternés. Joker prend le type en territoire entièrement inexploré.

Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) est en crise. Homme fortement soigné, souffrant de problèmes mentaux, il vit dans la pauvreté avec sa mère, Penny (Frances Conroy), elle aussi atteinte de la même maladie. Il gagne une maigre vie en se faisant passer pour un clown. Malgré le ridicule, Arthur adore son métier. Il adore divertir et voir les personnes sourire. Le rêve d'Arthur est d'être un humoriste. Sa principale barrière est un trouble incontrôlable. Arthur éclate de rire s’il est stressé ou confronté. Il est apprécié comme un monstre. Il n'a pas d'amis. Même un travailleur social mandaté par la ville ignore ses demandes.

Gotham City pue après une grève des ordures. Le milliardaire Thomas Wayne (Brett Cullen) envisage de se porter candidat à la mairie et de nettoyer les rues fétides. La mère d'Arthur est entichée de lui. Arthur partage son idolâtrie avec Murray Franklin (Robert De Niro), animateur d'une émission-débat en fin de soirée. Une journée de travail spécialement pénible change tout pour Arthur. Il fait le choix de se battre contre ses oppresseurs cruels. Arthur gagne une nouvelle confiance. Sans doute aura-t-il une conversation avec une jolie voisine (Zazzie Beetz) ou allumera-t-il un feu sous la colère qui couve sous les coutures d'une ville à la périphérie.

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Todd Phillips (La gueule de bois, Chiens de guerre) contient l’importance de son environnement. Gotham est déchiré par les représentations rocailleuses des décennies soixante-dix à New York, de Martin Scorsese. La pauvreté, la drogue, le crime, le désespoir et la saleté sont omniprésents. Arthur est une âme désespérée dans un lieu qui écrase les nécessiteux. Ses appels à l'aide passent inaperçus là où personne ne s'en soucie. Arthur n'est pas fondamentalement sauvage. Sa transformation en Joker est le résultat de l'environnement. Todd Phillips et le co-auteur Scott Silver ne voient pas d'autre destin. C'est un point de vue qui suscitera des critiques. Tous ceux qui glissent entre les mailles du filet ne deviennent pas des maniaques meurtriers. Mais une maladie mentale non traitée conduit à une tragédie de tous les jours; surtout lorsqu'il s'agit d'armes à feu. Phillips et Silver ont du mérite à leur message.

Joaquin Phoenix sera quasiment inenvisageable de battre la saison des récompenses. Il est absolument captivant de l’ouverture au dernier cadre de Joker. Son corps squelettique, ses cheveux gras et son sourire maigre sont un complice essentiel pour habiter l’être d’Arthur Fleck. Le rire spasmodique de Phoenix, qui vibre dans une cote de larmes, évoque la sympathie et la fascination horrible. C’est une performance physique intense qui devient d’autant plus stupéfiante quand Joker se dégage. Tout ce qui est brisé dans la viscosité et l'look d'Arthur se transforme en extraverti meurtrier. Joaquin Phoenix, qui est un acteur remarquable dans de nombreux métiers à partir de son enfance, atteint un sommet de carrière en ce lieu.

Joker est strictement pour un public adulte. Tout bébé qui regarde est traumatisé. Joker n'est pas un super-héros, un film de pop-corn de sorcellerie à sensations particuliers. De nombreux fans de bandes dessinées seront étonnés par la laideur et la sauvagerie sanglante. Warner Bros et DC ont pris un risque important en prenant Joker. Le studio et Todd Phillips ont déjà subi un contrecoup considérable. Cela peut se modifier en raz de marée après la libération, surtout si un individu dérangé tente d'imiter le personnage. L'art ne peut être tenu en otage par l'opinion publique ou par les actions de quelques-uns. Joker est un regard différent sur un personnage de quatre-vingts ans. C'est visionnaire, à voir absolument. L'éloge de Joaquin Phoenix n'est pas hyperbolique. Il défie légitimement Heath Ledger pour le rôle de meilleur Joker.

Les témoignages et opinions exprimés dans cet article sont ceux de l'personne et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de Movieweb.

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